Cododo, cosleeping… ces deux mots reviennent sans arrêt dans les conversations entre parents, et pourtant on ne sait jamais très bien lequel désigne quoi. Est-ce la même chose ? Faut-il choisir l’un plutôt que l’autre ? Et surtout, comment le faire en toute sécurité si on décide de se lancer ?
Cet article fait le point, simplement, sans juger votre façon de dormir ni celle de votre bébé. Vous y trouverez les définitions claires, les précautions à connaître, et de quoi choisir ce qui convient vraiment à votre famille.
Cododo et cosleeping, deux mots pour deux réalités différentes
Avant toute chose, il est utile de remettre les définitions à plat. Ces deux termes ne désignent pas exactement la même pratique, même s’ils sont souvent employés l’un pour l’autre.
Le cododo, dormir dans la même chambre
Le cododo, dans son sens le plus répandu en France, désigne le fait de faire dormir bébé dans la même pièce que ses parents, mais dans son propre espace de couchage. Cela peut être un lit cododo attenant au lit parental, un berceau à côté du lit, ou tout simplement le lit à barreaux installé dans la chambre parentale les premiers mois.
L’idée derrière cette pratique est simple : garder bébé proche, à portée de voix et de regard, sans pour autant partager la même surface de sommeil.
Le cosleeping, partager le même lit
Le cosleeping, terme d’origine anglaise, va un cran plus loin. Il désigne le fait de partager physiquement le même lit avec son bébé, sans séparation entre les espaces de couchage. C’est cette pratique qui nécessite le plus de vigilance, car elle implique de repenser toute l’organisation du lit familial pour que bébé y dorme en sécurité.
En résumé, tout cosleeping peut être qualifié de cododo au sens large (bébé dort dans la même chambre), mais tout cododo n’est pas du cosleeping (bébé peut avoir son propre espace, séparé du lit des parents).
Pourquoi ces deux mots sont-ils si souvent confondus ?
Cette confusion vient en grande partie de la langue elle-même. En anglais, le terme « co-sleeping » est utilisé de façon large pour désigner à la fois le partage de chambre et le partage de lit. En France, l’usage s’est peu à peu affiné pour distinguer les deux, mais dans le langage courant, sur les réseaux sociaux ou même chez certains professionnels de santé, les deux mots continuent de se mélanger.
Résultat : quand on tape « cododo » sur internet, on tombe parfois sur des conseils qui concernent en réalité le partage de lit, et inversement. D’où l’intérêt de bien clarifier ce que l’on cherche avant de suivre des recommandations qui ne correspondent pas à sa pratique.
Les précautions à connaître avant de partager le lit avec bébé
Si vous envisagez le cosleeping, c’est-à-dire dormir dans le même lit que votre bébé, certaines règles de sécurité ne sont pas négociables. Elles permettent de réduire considérablement les risques liés au partage du lit.
Les règles de sécurité essentielles
Le matelas doit être ferme, sans creux ni espace où bébé pourrait se coincer entre le lit et le mur ou entre les sommiers. Aucun oreiller, couette épaisse, coussin ou peluche ne doit se trouver à proximité de sa tête. Une gigoteuse adaptée à la saison remplace avantageusement la couverture, qui présente un risque d’étouffement. La température de la chambre doit rester modérée, autour de 18 à 20 degrés, pour éviter la surchauffe. Bébé doit toujours être positionné sur le dos, jamais sur le ventre ni sur le côté.
Les situations à éviter
Certaines situations rendent le partage du lit particulièrement risqué et sont à éviter systématiquement :
- Une fatigue extrême des parents, qui réduit la vigilance pendant la nuit ;
- La consommation d’alcool ou de certains médicaments sédatifs est également incompatible avec le partage du lit ;
- Le tabagisme, même en dehors de la chambre, augmente les risques ;
- Le canapé ou le fauteuil ne doivent jamais servir de lieu de sommeil partagé, ce sont des surfaces bien plus dangereuses qu’un lit classique.
Le cododo en chambre séparée : ce qu’il faut savoir
Le cododo, dans sa version où bébé dort dans son propre espace mais dans la même pièce, reste la solution recommandée par la plupart des professionnels de santé, notamment durant les premiers mois de vie.
Lit cododo, berceau attenant : comment ça marche
Le lit cododo, aussi appelé lit accolé, se fixe directement au lit des parents grâce à des sangles ou un système de fixation. Bébé dispose ainsi de son propre matelas, avec une paroi qui le sépare légèrement du lit parental, tout en restant à portée de main. Le berceau classique, posé simplement à côté du lit, remplit la même fonction sans nécessiter de fixation particulière.
Les bénéfices reconnus
Cette proximité facilite grandement l’allaitement de nuit, puisque la maman peut nourrir bébé sans avoir à se lever ni à parcourir la maison. Elle permet aussi de repérer plus facilement les signes de réveil ou d’inconfort, et rassure souvent les parents comme le bébé pendant les premières semaines, période où les repères de sommeil se construisent encore.
Comment choisir ce qui convient à sa famille ?
Il n’existe pas de réponse universelle entre cododo et cosleeping. Le choix dépend de plusieurs facteurs propres à chaque famille : la qualité de sommeil de chacun, l’organisation de la maison, le ressenti des parents, ou encore les besoins spécifiques de bébé.
Certaines familles trouvent leur équilibre avec un lit cododo pendant plusieurs mois, avant de transférer bébé dans sa propre chambre. D’autres préfèrent le partage du lit, en appliquant scrupuleusement les règles de sécurité. D’autres encore alternent selon les nuits, les phases de poussée dentaire ou les périodes de maladie. Aucune de ces options n’est meilleure qu’une autre dans l’absolu, l’essentiel étant que toute la famille dorme dans des conditions sûres et sereines.
Jusqu’à quel âge pratiquer le cododo ou le cosleeping ?
Là encore, il n’y a pas d’âge couperet. Beaucoup de familles pratiquent le cododo en chambre partagée pendant les six premiers mois, période durant laquelle le risque de mort inattendue du nourrisson est le plus élevé et où la proximité est la plus recommandée. Certaines poursuivent au-delà, en fonction du confort de chacun. Le cosleeping, lui, peut durer quelques semaines comme plusieurs années selon les familles, tant que les conditions de sécurité restent respectées et que cela convient à tout le monde.
Pour ma part, c’était (et c’est encore) cosleeping avec mon grand (qui vient tout juste d’avoir 3 ans) et cododo dans son lit à barreau mais dans ma chambre avec ma fille de 15 mois. Le cosleeping s’est installé naturellement avec mon premier, qui avait besoin de me sentir près de lui et qui tétait (très) régulièrement la nuit. J’ai voulu réitérer cette expérience avec ma deuxième, mais son reflux lui engendrait tellement de douleur qu’elle ne supportait pas de dormir contre moi, elle ne dormait que dans son lit, donc je l’ai écouté et nous avons trouvé un compromis sécurisé et adapté à chacun pour les nuits.
L’important reste d’écouter les besoins de votre enfant et les vôtres, sans se calquer sur ce que font les autres familles ni sur ce qui est présenté comme la norme.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre cododo et cosleeping ?
Le cododo désigne le fait de dormir dans la même chambre que bébé, tandis que le cosleeping implique généralement de partager le même lit.
Le cosleeping est-il dangereux ?
Il comporte des risques s’il n’est pas pratiqué dans de bonnes conditions de sécurité, mais reste possible en respectant certaines règles simples.
Jusqu’à quel âge peut-on faire du cododo ?
Il n’y a pas d’âge universel, cela dépend du rythme de sommeil de l’enfant et du confort de toute la famille.
Le cododo favorise-t-il l’allaitement ?
Oui, la proximité facilite souvent les tétées nocturnes et le sommeil global de la mère.
