Bilan de ma première année avec deux enfants de moins de 3 ans : ce que j’aurais aimé savoir

Collage de photos illustrant une maman avec ses deux jeunes enfants à différents moments du quotidien, entre fatigue, tendresse et joie.

Il y a un an, je regardais mon deuxième bébé dans les bras en me demandant comment j’allais faire. Pas dans un sens dramatique, plutôt dans ce sens un peu vertigineux qu’on connaît toutes quand on réalise que la vie qu’on avait construite vient de changer de forme, encore une fois.

Aujourd’hui, un an plus tard, j’ai deux enfants de moins de 3 ans qui courent (littéralement, l’un des deux court déjà et le deuxième commence à le suivre) dans la maison. Et j’ai eu envie de m’arrêter un instant pour faire le bilan de cette année. Pas pour donner des leçons, je n’en ai aucune à donner, mais pour raconter honnêtement ce que j’ai vécu, ce que j’ai appris, et surtout ce que j’aurais aimé qu’on me dise avant (autre que « Happy Hunger Games » ou « May the force be with you » haha).

Si vous attendez votre deuxième enfant avec un écart d’âge serré, ou si vous êtes en plein dedans comme moi il y a quelques mois, j’espère que ces mots vous feront un peu de bien.

Le jour où j’ai compris que ce ne serait plus jamais « comme avant »

Il n’y a pas eu un déclic unique, plutôt une accumulation de petits moments qui m’ont fait comprendre que ma vie de maman d’un enfant unique était définitivement derrière moi. Le rythme, les habitudes, même ma façon de penser une journée, tout a dû être repensé.

Le choc des premiers mois avec deux enfants de moins de 3 ans

Je pensais, naïvement, que j’avais déjà « fait mes armes » avec mon premier. Que j’aurais l’expérience, les automatismes, une longueur d’avance. La réalité m’a rattrapée assez vite. Gérer un nouveau-né et un enfant de moins de deux ans en même temps, ce n’est pas deux fois plus de travail, c’est un travail différent. Il faut jongler entre les besoins d’un tout-petit qui a encore besoin de moi à chaque instant, et ceux d’un bébé qui dépend entièrement de moi.

Les premières semaines, j’ai eu l’impression de ne jamais être totalement présente pour aucun des deux, et ça, ça a été dur à accepter. Puis, par la suite, j’ai dû réorganiser absolument tout pour accompagner les allergies de ma fille, entre son eczéma, son RGO et son APLV diagnostiquée…

Ce que personne ne m’avait dit sur l’écart d’âge rapproché

On m’avait parlé des joies de la fratrie rapprochée, de la complicité qui viendrait vite, du fait qu’ils grandiraient « ensemble ». Ce qu’on ne m’avait pas dit, c’est à quel point le corps met du temps à récupérer d’une grossesse quand une autre suit de près, à quel point la fatigue s’installe dans la durée et pas seulement les premières semaines, et à quel point il est normal de traverser des moments où on se sent débordée, sans que cela remette en cause l’amour qu’on porte à ses enfants.

Ce que j’ai arrêté de vouloir parfaitement réussir

Avec un enfant, j’avais réussi à trouver un équilibre qui me convenait. Avec deux, cet équilibre a explosé, et il a fallu que j’accepte de laisser tomber certaines exigences que je m’étais fixées sans même m’en rendre compte.

Le deuil de la maman « qui gère tout »

J’ai longtemps voulu être cette maman organisée, qui a tout sous contrôle, qui prépare des repas équilibrés tous les jours, qui range la maison avant que mon conjoint rentre du travail. Avec deux enfants en bas âge, j’ai dû faire le deuil de cette image. Et étrangement, ce deuil m’a soulagée plus qu’il ne m’a attristée.

Les tâches que j’ai lâchées sans regret

Le repassage est devenu une notion abstraite chez nous. Les repas se sont simplifiés, sans culpabilité. J’ai aussi appris à accepter de l’aide, ce qui n’était pas naturel pour moi avant. Ce ne sont pas des sacrifices, ce sont des choix, et ils m’ont permis de retrouver un peu de temps pour moi afin garder de l’énergie pour ce qui comptait vraiment : être présente pour mes enfants et pour moi-même.

Quand la maternité prend toute la place (et comment j’ai repris un peu d’air)

Il y a des périodes où la maternité occupe littéralement chaque minute de la journée, chaque pensée, chaque énergie disponible. C’est normal avec deux enfants si jeunes, mais ce n’est pas tenable indéfiniment sans se perdre un peu soi-même.

J’ai traversé des semaines entières où je ne me souvenais plus de la dernière fois où j’avais fait quelque chose uniquement pour moi. Pas de grand drame, juste une érosion lente de mon identité en dehors de mon rôle de maman. Et un jour, je me suis regardée dans le miroir et je ne me suis pas reconnue, pas physiquement, mais dans le regard.

Alors j’ai commencé à me réserver de tout petits moments. Dix minutes avec un thé chaud pendant la sieste, un bouquin seule le dimanche matin pendant que le grand jouait en autonomie et la petite à la sieste, un message envoyé à une amie juste pour parler d’autre chose que des enfants. Ce ne sont pas des solutions miracles, mais elles m’ont permis de tenir, et surtout de me retrouver un peu, morceau par morceau.

Ce que mes deux enfants m’ont appris l’un de l’autre

Ce qui m’a le plus surprise cette année, c’est de voir à quel point mes enfants se façonnent l’un l’autre, bien plus tôt que je ne l’aurais imaginé. Il y a eu de la jalousie, des moments où l’aîné a eu besoin qu’on lui rappelle qu’il comptait toujours autant. Il y a eu aussi des instants de fusion inattendus, des regards échangés entre eux, des rires partagés qui n’appartiennent qu’à eux. Je les observe construire une relation qui existera bien après que j’aurai quitté la pièce, et ça me touche profondément, même dans les jours les plus fatigants.

Ce que j’aurais aimé savoir avant

Si je pouvais écrire une lettre à la maman que j’étais il y a un an, voici ce que je lui dirais :

Tu vas te sentir débordée, et ce n’est pas un échec, c’est juste la réalité de deux enfants rapprochés. Tu vas devoir revoir tes attentes envers toi-même, et c’est une bonne chose. Tu vas parfois avoir l’impression de ne pas en faire assez pour l’un ou pour l’autre, mais tes enfants ne retiendront pas les détails, ils retiendront la présence et l’amour. Tu vas avoir besoin d’aide, et demander de l’aide n’est pas un signe de faiblesse. Et surtout, tu vas t’en sortir, à ta façon, avec tes propres compromis, et ce sera suffisant.

Un an après, où j’en suis vraiment

Aujourd’hui, je ne dirais pas que j’ai « réussi » cette première année, je préfère dire que je l’ai traversée, avec ses hauts et ses bas, ses doutes et ses petites victoires. Mes deux enfants vont bien, ils grandissent, ils s’aiment à leur façon, et moi j’apprends chaque jour un peu plus à être la maman que je suis vraiment, pas celle que je pensais devoir être.

Si tu es en plein dans cette période, saches que ce que tu ressens est légitime, quel que soit ce que tu ressens. Et si tu as envie de partager ton propre bilan, tes doutes ou tes petites victoires, les commentaires ou les mails sont ouverts, avec plaisir.

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